작품 상세
Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), Lévrier surveillant un trophée de chasse au lièvre, huile sur toile, signée et datée 1731, 131x114 cm Provenance: - hôtel particulier parisien, dans la même famille depuis le milieu du XIXe siècle - vente Tajan, Paris, 24 juin 2004, lot n° 53 - collection privée, Genève Expertise: Eric Turquin, Paris, 24 juin 2004 (copie en notre possession) Bibliographie pour comparaison: H. N. Oppermann, Jean Baptiste Oudry, vol. I, n° P481, fig. 69, p. 542 Ce n'est véritablement qu'en 1722 que Jean Baptiste Oudry, élève de Nicolas de Largillierre (1656-1746), s'affirme en tant que peintre animalier. Alors que la première partie de sa vie de peintre ne lui permet pas d'affirmer une personnalité artistique propre, c'est bien dans la représentation des natures mortes, paysages, et bien sûr des animaux qu'un style artistique personnel, original et novateur, va naître. Entre 1722 et 1725, Oudry présente ses ?uvres au Salon de la Jeunesse ce qui permet à son art d'éclater au grand jour notamment avec sa première peinture de chasse La chasse au sanglier de 1722. Le succès est considérable puisque 26 de ses toiles sont exposées à Versailles le 10 mars 1726, admirées par le Roi, la Reine mais aussi par toute la cour. Au moment de l'exécution de notre tableau, Oudry est alors à l'apogée de son art. Comme peintre animalier, il est très probable que ses sources d'inspirations principales aient été les compositions des anversois Frans Snyders (1579-1657) et Jan Fyt (1611-1661), peintres animaliers et de gibiers les plus influents de leur temps. Il est intéressant de noter à ce propos que Largillierre fit copier à son élève plusieurs scènes de chasses hollandaises ainsi que l'indique le Mémoire pour servir à l'Eloge de Mr. Oudry (ca 1760, cf. H. Opperman, Jean-Baptiste Oudry, Garland, New York, 1977, vol. 1, p. 170). Cependant, sa touche se veut plus douce et fondue, sa palette, plus chaude et contrastée. La composition, si typique des oeuvres d'Oudry, se condense autour des figures. La peinture animalière de Oudry réemprunte des figures d'animaux de son propre répertoire afin de varier les thèmes. A ce titre, notons l'exacte similitude entre la figure du lièvre de notre tableau avec celle dépeinte dans l'oeuvre Nature morte avec un fusil, un pâté et gibier mort (Le Feu) , 1720, conservée au Palais royal de Stockholm. Les horizontales se courbent autour de diagonales donnant un effet naturel sans être véritablement naturaliste. Ce jeu de lignes s'exprime particulièrement bien dans le traitement des animaux, et notamment dans la position du lévrier autour du trophée dans notre tableau. La peinture de Jean-Baptiste Oudry s'inscrit dans le style rocaille jouant sur les courbes et contre-courbes, exprimant une modernité qui le distingue de l'influence des maîtres hollandais.
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